"Le plus grand jeu de l'esprit jamais inventé,

plus vous l'apprenez, plus vous y prenez du plaisir"

Garry Kasparov

Apport pour les jeunes du jeu d ’Echecs


Les échecs sont avant tout une activité ludique mais aussi un jeu complexe, intégrant de nombreuses combinaisons, poussant à une intense réflexion toujours orientée vers l’anticipation.De nombreuses études ont montré que la pratique des échecs par un enfant lui apporte un certain nombre de bienfaits, et en particulier :
• Améliorer sa capacité de concentration : devant un échiquier, il doit analyser les positions de ses pièces, imaginer des attaques, observer et analyser les positions de son adversaire pour anticiper les attaques.
• Améliorer sa logique : les échecs sont avant tout un jeu de logique. Si je place telle pièce à tel endroit, alors cela entraîne telle situation, tel risque, tel avantage..
• Développer la notion d’anticipation et de stratégie: gagner aux échecs, c’est avoir une stratégie avec plusieurs coups d’avance et avoir su anticiper ce que l’autre peut faire pour l’en empêcher.
• Favoriser la notion de respect des autres : le respect des règles et de l’adversaire sont des notions fondamentales du jeu. En tournoi, les 2 joueurs se serrent la main avant de commencer en se souhaitant « Bonne partie », se serrent la main quand la partie est terminée. et sortent alors de la salle de tournoi pour analyser ensemble la partie qu’ils ont joué, comprendre les erreurs commises, se donner des conseils, … C’est un état d’esprit de respect.

Au Japon, en Corée et dans certains pays d’Europe de l’est, les échecs sont devenus une matière scolaire à part entière, dans le but de favoriser l’épanouissement intellectuel des enfants.

Ci-dessous, les résultats d’une étude, réalisée en 2008 par Michel NOIR, Docteur en Sciences de l’Éducation :

Capacité de concentration

Les rares observations faites sur ces initiatives attestent que les enfants, après deux années d’apprentissage du jeu d’échecs, ont un niveau de performance plus élevé que celui des enfants de même origine et de même milieu social dans les matières exigeant des compétences mettant en jeu logique, stratégie, mémoire et capacité d’abstraction.

Les tournois de fin d’année bousculent même les à-priori que chacun peut avoir sur la corrélation entre milieu social et résultats scolaires. Ce critère motive la plupart des expériences conduites par des équipes d’enseignants.

La réussite de cet apprentissage repose pour une large partie sur le caractère ludique de ce processus, et sur le fait qu’il y a un but au jeu, capturer le Roi adverse. Le jeu fonctionne comme les jeux vidéo de stratégie et de combats, avec capture de pièces de l’adversaire en cours de partie, qui sont autant de morts ou de prisonniers.

Capacité de mémorisation

Plus précisément, les psychopédagogues ont relevé le bénéfice du jeu d’échecs pour l’enfant confronté à l’apprentissage de certaines matières. C’est notamment le cas pour le calcul arithmétique et les mathématiques. Le problème d’échecs s’aborde comme un problème mathématique : analyser les données (les pièces sur l’échiquier, leurs positions, les menaces, protections et combinaisons) énoncé des hypothèses et simulation des coups possibles en déduction, plan logique à suivre…

Si l’enseignement des mathématiques a pour but essentiel de doter l’enfant d’une capacité de raisonnement et de méthode, le jeu d’échecs est sans aucun doute celui qui peut développer le mieux ses facultés dans ce domaine. Observation – analyse – hypothèses – vérification-planification – probabilité et calcul des variantes – analyse des conséquences – toute la chaine méthodologique est présente dans ce jeu.

Pour que le but recherché – l’amélioration des performances scolaires et celle des facultés de stratégie, de mémoire et de concentration – soit atteint, encore faut-il que la méthode d’apprentissage d’échecs soit conçue en fonction de ce développement et qu’elle ne se limite pas à un apprentissage de la seule matière échiquéenne.

Capacité à résoudre des problèmes

De ce point de vue, les méthodes d’apprentissage du jeu d’échecs à la disposition des enseignants ont la plupart du temps été créées par des joueurs d’échecs et ne répondent qu’imparfaitement à ce but. Aucune n’a été élaborée en tenant compte des questions posées par l’apprentissage de savoirs, leur transférabilité, et les méthodes de didactique, et à fortiori avec pour objectif de transférer les habiletés développées par la pratique à d’autres disciplines.

Au cours de quatre années de recherches conduites en psychologie cognitive et en sciences de l’Éducation, les expériences menées ont abouti à des résultats probants attestant de façon significative des bénéfices de la pratique du jeu d’échecs pour la réussite scolaire.

Michel NOIR
Docteur en Sciences de l’Éducation

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